Vous visez l’autonomie ? Mais avez-vous d’abord pensé à…

Vous visez l’autonomie ? Mais avez-vous d’abord pensé à…

oohhhh… Le beau titre péripatéticienne à clic !

vivre de façon autonome vis à vis du système, quel qu’en soit la raison, est le but visé par beaucoup de monde, qu’ils soient conscients de l’effondrement, déçu du système, éveillé à l’anthropocène et acquis à la cause de mère nature, ou un peu de tout à la fois. Ceux qui suivent ce blog savent que c’est un projet que nous portons avec mon épouse. Je me surprends moi-même, devant les échéances que nous nous sommes fixés et la complexité de tous les savoirs à accumuler, à penser que c’est un objectif compliqué à atteindre. Et pourtant…

Cet article a été écrit à plus de 80% l’année dernière. C’est grâce aux quelques commentaires que j’ai chaleureusement reçus sur les deux derniers articles que j’ai décidé de m’y remettre.

Commencer par diminuer notre dépendance

Au risque de vous décevoir, cet article n’abordera pas la question de commencer faire pousser vos pommes de terre, assainir votre eau et produire votre propre électricité. Il y a selon mon raisonnement quelque chose de beaucoup plus essentiel que cela à faire.. Ou plutôt un préalable essentiel. Et cette chose essentielle, si vous êtes en train de lire ces lignes, il est fort probable que vous soyez déjà sur le chemin de l’acquérir sans même vous en être rendu compte !

Il est question de réduire sa dépendance, c’est à dire de couper les lien avec tout ce qui vous relie et vous maintien dans votre dépendance. Mais cette dépendance, quelle est-elle ?

Sans avoir forcément mis des mots dessus, nous sommes nombreux à être conscient que quelque chose ne tourne pas rond dans notre vie. Nous savons que le système est peu résilient en cas de crise majeure, et vous l’avez certainement réalisé en lisant quelques publications. Rien de ce que nous mangeons, dont nous nous habillons, ce qui nous permets de nous chauffer et de nous soigner ne nous est acquis à partir du moment où l’organisation de la société qui nous permet cet approvisionnement tombe. Et c’est bien cela que nous craignons au fond de nous. Et c’est là que nous réalisons que nous sommes sous perfusion.

mais cela va bien au delà d’un simple apport en subsistance. Le système dans lequel nous vivons ne nous rend pas seulement dépendant de lui pour vivre en nous injectant par intraveineuse tout ce dont nous avons besoin.

Le système économique libéral et capitaliste a bien plus besoin de nous que nous pensons avoir besoin de lui.

De part sa constitution, nous sommes, nous tous, son moyen de subsistance. Et c’est cela qui est ironique. Nous sommes autant dépendant du système que le système est dépendant de nous pour sa propre survie.

C’est ainsi que par le biais des neurosciences, de la culture, de notre propension à imiter notre prochain dans un désir d’acceptation, nous nous laissons rendre malléable à toutes les idées qu’en permanence on nous injecte.

Avoir le désir d’être autonome est une pensée noble, un objectif honnête. Mais il faut donc débuter par une pause. Une pause pendant laquelle vous réfléchirez à qui vous êtes vraiment, ce qui vous fait réellement plaisir, sur ce qui vous motive, sur ce qui fait que vous êtes vous, et non pas le reflet parfait du consommateur citoyen fabriqué par votre consentement inné et exploité afin de vous rendre conforme à la société.

“Rien n’est particulièrement difficile si on le subdivise en petites tâches.”

Cette citation, attribuée à M. Ford (Henry, pas Harrison), est un bon point de départ. Et c’est ce que beaucoup font. On prend une feuille, un crayon, et on fait une liste de nos besoins en les classant des plus essentiels aux plus futiles, y mettant en face tous les moyens à notre connaissance pour y parvenir. Enfin, on dresse une liste de toutes les choses que nous devons apprendre afin d’atteindre l’objectif et les outils que nous devons acquérir… Permaculture, gestion de l’eau, du chauffage, habillement, énergie, médecine douce, santé… Puis on transpire. La tâche est déjà complexe, mais en plus chaque objectif pris séparément ne nous rapproche pas vraiment de la réalisation… C’est peut être aussi un des moyens les plus efficace pour se rendre compte de l’incroyable quantité de perfusions qui relie notre propre vie à tout un système.

Le terrain et la bâtisse qu’avec mon épouse (de dos) nous convoitons.

Arrivé à ce moment là de notre réflexion, on peut être tenté par beaucoup de choses. Croire que l’effondrement sera bien géré par le politique, et continuer sa vie comme si de rien n’était, en croisant les doigts. Certains seront peut être tentés de retourner dans le déni, et d’autres encore trouverons d’autre moyens de rendre les choses plus faciles.

Au lieu de regarder tout ce qu’il reste à faire, j’ai pris la décision de regarder tout ce que j’ai accompli jusqu’à présent. Et tout d’un coup, le ciel s’éclaire. Se rendre compte du chemin accompli, même si on a pas atteint le but, c’est déjà s’encourager soi-même à continuer.

Désapprendre pour mieux apprendre. Ou l’inverse.

On ne le dira jamais assez. Mais en tant qu’individus vivant dans ce système capitaliste et libéral, nous sommes considérés et rendu consommateurs avant tout. Nous sommes utiles pour le système dans lequel, par l’acte d’acheter, nous emmenons avec nous la croissance vers le haut ce qui précipite l’ensemble des écosystèmes vers le bas. Se rendre compte de cela, c’est un premier pas d’un difficile réveil qui vous filera une méchante gueule de bois.

Si vous êtes curieux – comme moi – vous vous demanderez comment le système fait-il pour nous transformer en consommateur ? Comment fait il pour nous influencer à un point tel que nous pensons décider par nous-même alors que nos comportements ne sont que la reproduction de décisions qui ont été faites par d’autres que nous ? Et surtout, pourquoi le système fait-il cela ?

Le pourquoi, il est très simple, et il a été abordé dans notre premier article : pourquoi tout par en cacahuète ?
En résumé, la base du fonctionnement de la création monétaire est la dette. L’argent est créé lorsque les particuliers, les entreprises ou les états font un emprunt. A cette dette est associée un intérêt. Pour rembourser la dette ET les intérêts, il n’y a pas assez de monnaie en circulation, et c’est ce qui rend obligatoire ce besoin de croissance, pour souscrire à toujours plus d’emprunts afin de rembourser les dettes passées.

les entreprises, qui détiennent la plus grosse part des dettes doivent donc recourir à des trésors d’ingéniosité pour récupérer le plus de monnaie possible. Le moyen le plus simple est d’augmenter sa production pour réaliser plus de chiffre d’affaire, tout en réduisant ses coûts pour réaliser les meilleurs bénéfices possibles. Et devinez qui est le dindon de la farce ? L’individu. Vous et moi, qui sommes à la fois les consommateurs sur lesquels reposent ce socle de la consommation, mais également ceux par qui le travail se réalise. Nous devrions donc consommer plus, tout en étant payé moins. Devinez ce qu’il se passe à la fin ? On enfile un gilet jaune.

Ce qui est intéressant à décrypter, c’est de quelle façon le marketing réussi l’exploit de véritablement hacker notre cerveau en utilisant tous nos biais cognitifs afin de nous suggérer des comportements, jusqu’à faire de nous de dociles consommateurs, et des citoyens pensant et votants comme on leur dit de penser et de voter. Ils fabriquent notre consentement. Au sens propre.

Documentaire Arte très démonstratif et passionnant sur la façon dont les sciences neurologiques, psychologiques et comportementales ont émergées au 20e siècle pour influer aussi bien notre comportement de consommateur que nos opinions. Gravissime et puissant.

Se rendre compte de tout cela, c’est un premier pas vers une forme de rébellion. Et savez-vous quel est le tout premier acte d’une rébellion que la société ne veut absolument pas que vous réalisiez ?

L’arme la plus redoutée par notre société

…Roulement de tambours… C’est… Votre sens critique ! Vous allez certainement me dire que vous en avez toujours eu un. Certes, mais là il sera exacerbé. Vous avez déjà certainement commencé à vous méfier de toutes les informations qui vous sont présentées par les médias, par la publicité, par les politiciens de tous bords, etc. Et vous aurez raison !

Nous sommes en permanence sollicité par des influences extérieures. Du choix de notre futur téléphone, jusqu’à la nécessité d’utiliser telle crème pour mesdames ou tel outils pour messieurs, tout, absolument TOUT est fait pour vous faire acheter un objet, adhérer à une doctrine, voter pour machin ou croire en l’utilité d’un bidule.

Cela créé malheureusement quelques abus. A voir le mal partout, certains sombrent dans un phénomène de société qui se densifie, à savoir voir des complots absolument partout. Le manque de sens critique, la réaction par les sentiments et non la raison, la paresse intellectuelle et un sentiment de trahison suite à la découverte que beaucoup de choses ne sont que mensonge font que nombreux sont ceux qui versent dans un complotisme aiguë.

Le système médiatique a déjà trouvé sa parade pour se conforter. Il cherche à opposer les gens en deux classes distinctes. Ceux qui sont intelligents d’un côté, et les gros neuneus qui tombent dans le piège de tous les complots qui passent, qui se nourrissent de fake news, pensent que la terre est plate, que l’homme n’a jamais marché sur la lune, et que Macron est un pur produit marketing placé par quelques copains milliardaire… Oh, wait… !

Alors que les complots… Sans vouloir attirer les trolls (même pour faire du chiffre, c’est pas glop), il y en a toujours eu. Je peux assez facilement avancer qu’aucune des guerre menée dans toute l’histoire n’a l’origine qui a été vendue à sa population au départ. Il y a aurait peut être quelques contre-exemples, mais le plus gros conflit de ces dernières décennies, la seconde guerre du Golfe de 2003, est un exemple très révélateur. Les dessous de l’intervention en Syrie, de la guerre de Libye, même le fameux incident du golfe du Tonkin menant les USA dans leur plus terrible aventure guerrière au Vietnam ne sont que des mensonges. Y compris les événements pourtant connus de tous, comme notre très chère révolution française, devant l’éclairage documenté d’un historien, nous apparaissent sous un autre jour…

L’avènement des anti-complotistes, de ces vérificateurs de vraies fausses news, de ce découpage de la population en deux est une caricature de ce que fait le système médiatique depuis toujours. Le savoir, c’est déjà se prémunir d’une forme d’aliénation à un système qui ne veut qu’une seule chose: vous contrôler.

Cesser d’avaler ce dont le système voudrait que vous gobiez, c’est déjà une première étape de franchie dans votre indépendance au système. Vous n’êtes peut-être devenu résilient qu’à la pensée unique, mais vous venez d’acquérir un bien précieux. La liberté de penser. Rétrospectivement à toute mon histoire de collapsonaute, il y a ce fait. Avec ma femme nous sommes devenus libres.

Ne plus nourrir la bête

Cette liberté fraîchement acquise peut s’imager en pensant à une personne qui voit la lumière après une très longue période dans le noir. Tout à coup, la vision change. Les choses, même les plus anodines, nous apparaissent sous un jour complètement nouveau. Il y a désormais des choses qui, bien que complètement anodines, nous filent des réactions épidermiques avec mon épouse. “Mais comment font-ils pour nous faire gober ça ?” ce demande-t-on souvent. Mais nous avons oublié qu’étant sorti d’un schéma de pensée, les ficelles sont désormais apparentes. Un peu comme un prestidigitateur qui nous jouerait un tour dont nous connaissons déjà le secret.

Le système étant rentré si profondément dans notre être, réussissant à modifier notre pensée et influant nos actions/réactions, que s’en libérer ne se fait pas instantanément. Mais si la publicité commence à vous excéder, si vous êtes capable de lire une communication marketing en déchiffrant les méthodes appliquées pour tenter de vous influencer, alors vous êtes en pleine déconnexion. Car les méthodes sont globalement les mêmes appliquées à toutes les strates de la société: Publicité, médias, politique, etc.

Anecdote autour de la puissance des médias dans la société

Il y a plusieurs années de cela, j’ai décidé de ne plus avoir de télévision. Et une fois que vous aurez compris à quel point cet outil est puissant pour ceux qui veulent vous manipuler (dans le sens influer sur vos comportements, non pas pour vous mentir directement, mais pour que vous achetiez leur production), vous ne la regarderez plus de la même façon. Mais même – et surtout !- lorsque vous ne la regardez pas mais l’écoutez seulement, votre temps de cerveau disponible est toujours capté sans même que vous en ayez conscience. C’est ainsi que sont faites les publicité. Désormais, on injecte plus d’argent dans l’identité sonore d’une marque que de son identité visuelle. Pourquoi ? car il suffira de deux coups de barre de fer sur un tonneau vide pour vous faire penser à, à… ? BMW. (si vous avez d’autres exemples, n’hésitez pas à commenter) Ce n’est qu’un exemple, mais c’est efficace. Tellement efficace que ce média, bien qu’en perte de vitesse, et économiquement peu rentable, continue d’être utilisé massivement.

Pas de TV, mais pourtant…

Il suffit de visiter un seul membre de votre entourage qui laisse son téléviseur allumé pendant que vous le visitiez pour être immédiatement capté par un flot d’images et de sons qui vont pénétrer votre esprit. Vous ne pourrez rien faire contre, c’est ainsi. Et même si vous aviez une aura à faire disjoncter le moindre écran autour de vous, vous ne pourrez pas échapper à toute la panoplie du marketing qui se déploie autour de vous.
Rien que par le phénomène d’acceptation et de reproduction sociale, les comportements de ceux qui regardent ce média vous influencerons vous-même. Pire, les enfants sont des éponges. Même sans TV chez vous, ils seront empreints de ce qu’il s’y passe, car la majorité des enfants à l’école s’en nourrissent. Il y a fort à parier que même sans jamais avoir vu une publicité de leur vie, ils voudront des sacs à dos avec les mêmes personnages, les mêmes styles de vêtements et les mêmes jouets.

Je ne parle ici que du volet purement mercantile de la TV. Il reste le flot incessant de toutes les idées qui vont forger la société. Même sans commenter l’actualité, les seuls faits présentés vous donnerons une certaines idée de ce qu’il se passe maintenant, comme dans un “no comment” sur une chaîne d’info qui est déjà une orientation de l’information. Voilà comment notre vision du monde est détournée, et le but des quelques “super-puissants” qui détiennent ces objets médiatiques aux super pouvoir s’en servent contre vous. Même sans TV, et même si vous viviez dans une grotte, il est possible que vous croisiez un ours qui a croisé un lapin qui a croisé un touriste qui a dit qu’il est mieux d’aller faire du camping dans la nature pour fuir cette vague d’immigrés qui lui vole son travail en ville.* Voyez-vous où je veux en venir ? Et cela, sans compter sur la tonne d’effets néfastes que l’écoute de la télévision peuvent avoir sur la santé, le développement du cerveau et le comportement des individus.

*: assez curieusement, les idées identitaires du parti le plus à droite de notre pays réalise ses meilleurs scores dans des lieux dans lesquels les immigrés sont peu nombreux. Entre la réalité et la réalité présentée par les médias, il y a souvent… Un gouffre.

Vous ne regarderez plus le “petit” écran de la même façon, je vous aurais prévenu.

Les réseaux sociaux vers lesquels je m’étais tourné pour remplacer mon temps de loisir sont, d’une certaine façon, encore pire que la TV. Car la quantité incroyable de données personnelles qu’ils sont capable de capter font que non seulement ils me connaissent mieux que moi-même, mais ils sont désormais en capacité d’encore mieux me cibler et m’orienter, alors même que je pense être maître de mes idée et de mes choix. Formidable imposture ! C’est la raison pour laquelle je me suis coupé de Facebook alors qu’il peut être, à contrario, un formidable outil de communication. Mais selon l’adage bien connu : “lorsque c’est gratuit, c’est que vous êtes le produit”. (sauf sur ce site bien entendu. Pas gratuit, mais je le paye de mes propres deniers)

Comment regagner une pensée autonome, ou une liberté de penser ?

une fois que vous aurez lâché votre pelle/truelle/grelinette, je vous propose quelques liens vers des vidéo/chaînes Youtube (oui, je sais… C’est mal aussi) que je trouve d’intérêt publique, sur bien des sujets pour regagner en autonomie intellectuelle. Si vous en avez d’autres qui vous viennent à l’esprit, partagez ! Je mettrais la page à jour.

Ainsi j’espère qu’une fois que vous aurez un regard et surtout une pensée plus critique, vous verrez le monde autrement. Et, moins manipulé par vos émotions et ayant gagné un côté plus rationnel, vous serez plus à même de faire des choix éclairés par votre pensée… La vôtre, pas celle qu’on vous aura sournoisement fait adopter.

Defakator: Style un petit peu particulier pour un Youtubeur anonyme qui déchiffre les fake, mais donne également les outils pour défaker nous-même.

La chaîne de Gilles, pour mieux comprendre l’économie, la finance et les rouages de notre société. Nous pousse à nous poser beaucoup de questions sur le fonctionnement de notre système. A montrer à nos mômes d’urgence.

Une chaîne qui envoie de pâté lourd pour tout ce qui est questions sur le changement climatique, le debunk de deux célèbres climato-sceptiques, mais aussi des explications sur l’énergie, les différents moyens de production, et pourquoi certaines idées ne sont pas si bonnes que ça.

Une de mes chaîne préférée. Toute récente, avec des vidéos très courtes qui donnent accès très rapidement à des approches et des outils dits de “défense intellectuelles” contre tout ce qui est “green washing”.

On aime ou pas le style d’Horizon-Gull, mais je n’aurais jamais trouvé une chaîne expliquant aussi simplement et brillament tous les biais de comportement qui sont utilisés par le “marketing” en général pour influencer nos comportements.

Hygiène mentale c’est un peu l’arme absolue pour comprendre et s’exercer à l’esprit critique.

Une réaction au sujet de « Vous visez l’autonomie ? Mais avez-vous d’abord pensé à… »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.