Terrain trouvé, On rentre dans le vif (besoin d’aide aussi)

Terrain trouvé, On rentre dans le vif (besoin d’aide aussi)

Ayé ! Nous avons potentiellement trouvé notre futur terrain pour la construction de notre foyer autonome. Après de longues recherches, et même si rien n’est signé encore (je vais tout vous expliquer), on se réjouit d’avoir pratiquement franchi cette étape. Vont désormais se poser énormément de questions : étude d’aménagement de notre lieu de vie avec chambres d’hôtes et/ou gîte, étude des possibilités offertes par le terrain, établissement d’un budget, d’un prévisionnel, négociations bancaires, paperasserie, etc.

je sais que certains des lecteurs sont intéressés par le déroulement de cette aventure, aussi je pense que j’écrirai régulièrement pour vous informer de la suite de ce qui est pour nous un projet très ambitieux. Ainsi j’exposerai les nombreuses questions que nous nous poserons , les choix que nous prendrons, les erreurs que nous ferons, les joies, les peines, les doutes. Car je pense qu’un projet bien posé fera largement appel à notre mental, et la dimension psychologique n’est pas à négliger.

Des idées plein la tête

Le confinement aura été une période très prolifique, un véritable incubateur de semis à idées ! Forcément, enfermés dans un appartement… On rêvait déjà d’y être ! C’est pourquoi je me suis projeté avec joie dans notre potentielle future activité d’hôtes. Pour ce qui est de la gestion d’une table d’hôtes, aucun problème: Pains au lait et pains sont devenus mon quotidien. Facile, je trouve que c’est en plus hyper satisfaisant à faire. La main dans la pâte, c’est…comment vous dire… limite sensuel. Le lait proviendra d’une ferme située à très courte distance, crème et beurre pourront être faits nous-même.

Surtout, niveau “marketing”, entre-nous… Si on vous sert un petit déjeuner avec du lait qui vient d’à côté, et dans lequel on va tremper une tartine de pain fait sur place, avec du beurre et du miel ou confiture faite maison : c’est pas authentique ça ?! Et en plus ça fait plaisir. Pour les repas, no souçaille ! On trouve dans le village des producteurs de cochons de montagne semi-sauvage (pas de l’intensif quoi), d’agneaux à viande, de fromages de brebis/vache/mixte (on est en plein dans l’AOC Ossau Iraty, mais gaffe, à 80% c’est de l’industriel ce truc)

Niveau activités, y’a de quoi faire aussi. Visite des fermes, voir la fabrication du fromage, assister à la tonte des agneaux (marrant à voir ça), ballades ou randonnées à cheval, randonnées pédestres, observation des vautours (par dizaines !). Voilà pour l’été. Pour l’hiver, on peut faire à peu près la même chose, en rajoutant la station de ski distante de… 30 à 45 minutes de route, tout dépend de si votre véhicule est équipé d’un sac à vomi ou non.

Notre visite dans le village a surtout été l’occasion de confirmer qu’il y a une grande entraide entre gens du coin, et ça, c’est un premier pas important dans la fabrication d’une résilience locale. Y’aura plus qu’à ouvrir un café phylo et leur mettre du Jancovici, Servigne et Barreau plein la tête pour passer un cap 🙂

Pourquoi nous sollicitons votre aide ?

Un livre rempli de sagesse dit ceci :

Les projets échouent en l’absence de délibération, mais ils se réalisent quand il y a de nombreux conseillers.

Proverbes ch.15

Mais encore ceci:

Car, lequel de vous, s’il veut bâtir une tour (ou une grange à la campagne, c’est pareil), ne s’assied d’abord pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi la terminer, de peur qu’après avoir posé les fondements, il ne puisse l’achever, et que tous ceux qui le verront ne se mettent à le railler, en disant: Cet homme a commencé à bâtir, et il n’a pu achever?… (et que la banque aille le chercher pour lui reprendre ce qu’il n’a pas payé)

Évangile de Luc ch.14 (c’est mon livre de chevet, cherchez pas…)

Ne partez pas en courant, nous ne sollicitons aucune aide financière. Plutôt vos compétences, et votre temps de cerveau disponible. Si je n’ai jamais eu aucun problème à partager mon expérience, je dois bien avouer que devant la quantité de choses à prévoir pour réussir ce projet, on se sent bien petit…

Dans un désir d’aborder également cette entreprise sous le signe de la permaculture, dans lequel il existe un paradigme d’échange de savoirs, connaissances ou compétences de façon complètement gratuite.

Comme vous le savez certainement si vous avez lu notre dernier article, nous avons décidé de ne plus utiliser les réseaux sociaux. Ceci nous prive néanmoins de l’accès à une communauté élargie et le plus souvent bienveillante. Je prends le pari ici qu’on peut faire sans ces outils, certes pratiques, mais ô combien éloignés de nos principes (après, moi je ne l’utilise pas, mais si vous partagez sur Facebook, je ne vais pas dire non…)

Statut actuel de l’acquisition

Voici les détails dont j’ai fait mention dans le chapeau de l’article. Le terrain n’est pas en vente tant que le certificat d’urbanisme ne sera pas délivré. Le propriétaire doit réaliser l’étude des sols, mais post-confinement, l’entreprise est très sollicitée. Elle est ensuite remise à la communauté de commune, et le reste du processus est personnellement suivi par madame la maire (le maire ? la mairesse ? Y’a des majuscules non ?brefonsenfouvousavezcompris).
Le changement de destination de la grange pour le passage du terrain d’agricole à constructible est une formalité, la SAFER ayant un droit de préemption n’ayant jamais fait valoir ses droits dans ce secteur, surtout pour un “petit” terrain. Le CU devrait être validé d’ici le début de l’année prochaine, et l’achat ne pourra être finalisé que vers le milieu de l’année prochaine.

Etude initiale de faisabilité

Un terrain d’1,5 Ha quasiment plat, une grange bien orientée au sud-ouest de 69m² habitable au sol (6×11.5m), une hauteur de 7m sous faîtage avec 3m50 de hauteur de mur (avec de bons gros murs en moellon d’environ 50cm d’épaisseur, idéal pour l’inertie thermique), voilà le point de départ.

Je sais pas pour vous, mais moi… ça me déprime. Je saurais ni par où commencer, ni que faire. Ah si ! Les toiles d’araignées. ça j’peux faire !

Afin de rendre viable une installation sur ce terrain pour mon épouse et nos trois enfants, nous devons définir ce qu’il est possible de réaliser tout en restant cohérent avec nos moyens et notre projet de vie.

Je vous livre en vrac une pensée caricaturale pour que vous compreniez la complexité des problèmes que nous devons résoudre:

Ok alors j’ai 138m² habitable (69 sur 2 niveaux) j’ai droit à 30% d’augmentation de surface, on rajoute 1m de hauteur de mur, on pète le mur sud-ouest, on rajoute 1.8m de large à la grange ce qui nous fait 20m² de plus par niveau…. Avec ça je peux caser 6 chambres. 3 de 20m² pour les chambres d’hôtes, et un appartement “privé” contenant les 3 petites chambres nécessaires à notre famille. Combien que ça va me coûter ça ? Est-ce qu’avec 3 chambres je vais réussir à dégager suffisamment de revenus pour vivre ? Quel est le taux de remplissage moyen des chambres d’hôte dans la région ?
Ne serait-il pas mieux et plus rapide de faire une toute petite maison neuve dans le prolongement de la grange plutôt que de rehausser la grange et refaire toute la charpente, quitte à retaper la grange nous-même plus tard ?

Ou mettre une roulotte ou Tiny House pour habiter sur place le temps des travaux et louer en gîte plus tard ? Ouh pétard que ça coûte cher ces machins là !

Les pensées brouillonnes d’un Basque qui réfléchit (c’est rare. Et ça chauffe d’ailleurs)

Faisabilité technique

Il y a des questions essentielles à se poser avant d’entamer des plans, et parfois nous ne les connaissons même pas ! C’est la raison pour laquelle je me suis fait accompagner d’un ami qui nous a fait renoncer à la première grange que nous envisagions. Le “constructif” des murs était trop particulier pour réaliser les ouvertures que nous souhaitions faire, et la nature du terrain aurait compliqué la réalisation d’un assainissement. Rien d’impossible, mais le billet à allonger rendait l’opération hors de notre portée.

Nous avons donc pris contact avec quelques artisans du coin afin de commencer à étudier ce qui est réalisable ou non, mais à ce stade, tous les conseils éclairés seront acceptés avec beaucoup de joie !

Je pensais initialement plus facile de réaliser une construction annexe jouxtant la grange et contenant l’ensemble des chambres, pour ensuite se servir de la grange comme simple pièce de vie (cuisine et salon/séjour) afin de minimiser les travaux. Apparemment il serait moins cher d’envisager de tout faire dans la grange en relevant la charpente afin de réaliser un véritable étage. Fatche ! (ce mot n’existe pas) que c’est compliqué de se projeter quand on n’y connait absolument rien !

Faisabilité économique

Sans trop rentrer dans le détail de nos revenus, voici quel est notre idée initiale:

Nous possédons (enfin la banque surtout) un appartement neuf en Île de France. Le remboursement des mensualités de notre emprunt constitue une partie de notre capital. Vivant simplement, nos charges sont relativement faibles, et n’étant pas très dépensiers, nous avons commencé à réaliser quelques économies. Si nos plans se déroulent comme prévu, nous pourrions disposer d’un capital (vente d’appartement + économies) disponible d’environ 230 000€ fin 2024, soit à relativement cours terme (faut juste espérer que tout ne parte pas en sucette avant…)

Sans dec, ça vaut pas le coup de se priver de sorties pour aller là ? Dire que ce bougre d’âne n’a jamais vu le métro de sa vie… Se rend-il compte de la beauté de ce levé de soleil ? A-t-il même notion de notion subjective de la beauté ? J’aurais dû rester au lit moi…

C’est un budget relativement confortable j’en conviens, surtout quand on sait d’où je viens, c’est même une sacré chance, mais bref, ça c’est perso. L’idéal serait de ne plus avoir de crédit du tout lorsque nous poserons les valises.. Car si nous n’avons plus de loyer, alors nos revenus pourront être plus faibles sans que cela n’impacte notre niveau de vie. L’activité d’accueil touristique est nécessaire, car là où nous allons, il n’y a pas beaucoup d’activité économique, et il serait illusoire de trouver un travail dans ma branche (l’infrastructure informatique, en gros). Un crédit de 50 ou 100 000€ supplémentaire pourrait être envisageable si l’activité de gîte fonctionne bien, mais alors… Faut être certain de la solidité du prévisionnel. Cette éventualité est une roue de secours. Car dans la recherche d’une autonomie, dépendre d’une banque n’est vraiment pas une bonne idée.

Un prévisionnel à établir

Une fois le budget d’acquisition et de travaux finalisés selon plusieurs hypothèses (2 chambres d’hôtes + 1 gîte ou 3 chambres d’hôtes par exemple), il faudra réaliser autant de prévisionnels différents. Là, ça se complique. Il faut établir un tarif qui corresponde aussi bien aux prestations qu’au secteur, mais connaître également le taux de remplissage moyen annuel. Défalquer les frais, les charges, la TVA…, mais aussi savoir sous quel statut travailler, etc. Le plus difficile pour nous reste de trouver des statistiques fiables. Nous avons déjà contacté des gîtes du secteur pour avoir leurs retours, et nous n’avons pas pu, pour différentes raison liées à leur activité qui ne sera pas similaire à la nôtre, obtenir de données qui pourraient être pertinentes. Si vous avez-vous même des chambres d’hôte, n’hésitez pas à partager votre expérience. Par mail ou dans les commentaires.

Un terrain aux possibilités étendues

Quand je vois la quantité de tomates que j’arrive à faire pousser dans un bac sur un balcon, je me dis qu’avec plus de 15 000m², y’a de quoi faire une overdose de légume ! Il faudra néanmoins envisager le découpage du terrain en zones (principe permaculture) tout en l’adaptant à nos besoins. Ainsi, en plus du potager, du verger, des poules, il serait bon d’envisager la culture de quelques céréales, et pourquoi pas accueillir deux chevaux. La présence d’animaux est un gros plus dans l’accueil touristique, mais cela veut également dire partager une grosse surface qui pourrait servir à autre chose. Là aussi, il s’agit de ne pas voir trop gros, mais de penser à tous les emménagements nécessaires qui pourraient également représenter une trop grosse charge de travail et/ou un investissement important. Surtout, nous voudrions garder un espace semi-sauvage dans le but de préserver la biodiversité et nous fournir en bois pour le chauffage et la cuisine.

Au final, beaucoup de questions…

…Et des réponses qui finiront pas arriver, avec de la patience et du travail. Une chose est certaine. Ce projet, au delà du seul prisme de la conscience de cet effondrement dans lequel nous sommes, me fait rêver. Pas de télévision, pas de console de jeux, et pourtant… Mes enfants avaient les yeux qui brillaient à chaque instant. Et je vous laisse sur cette image qui m’a beaucoup attendri.

6 réactions au sujet de « Terrain trouvé, On rentre dans le vif (besoin d’aide aussi) »

  1. Bravo pour la sortie de la matrice! (comme quoi, c’est possible😉) Ne vous découragez pas devant l’ampleur des travaux, c’est en forgeant qu’on devient forgeron. Les techniques du bâtiment s’apprennent vite et avec de bons outils on avance bien plus rapidement que ce que l’on croyait! Il y a 22 ans nous avons remis une ruine sans toiture sur pieds, aujourd’hui c’est une très belle maison! À bientôt de vos nouvelles et bon courage, dans la joie et la bonne humeur!

    1. Merci beaucoup. Je crois que vous me suivez fidèlement vous ! 🙂
      Je pense partir sur une restauration complète de la grange mais simplement pour notre famille. Pour les accueils, ce sera en plus, dans des cabanons cosy que peut être j’envisage de construire une fois sur place… Si j’ose ! Mais pour la rénovation, je la ferais faire à distance.

  2. Bonjour,

    je ne sais pas si vous connaissez pierre1911, il tend vers l’autonomie avec une démarche expérimentale intéressante. Il a des chevaux de trait pour cultiver en traction animale, il notait qu’un cheval de trait nécessitait 1 hectare 5 de prairie pour son alimentation contre 1 hectare de prairie pour 4 shetlands. Sur 15 hectares, je pense qu’il y a moyen de combiner culture, prairie pour les équidés et espace sans intervention (ou minimale). Votre projet est extrêmement intéressant, merci de nous le faire partager!

    1. Il me semble que oui, je suivais une page et quelque uns de ces projets quand j’étais sur Facebook. J’avais tenté de prendre contact une fois, mais je n’avais pas insisté, je n’avais rien de concret encore, qui puisse donner matière à réfléchir.

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