Premier stage en permaculture.

Premier stage en permaculture.

Après un certain éveil aux choses essentielles, la découverte de la permaculture apparaît comme une solution à bien des problèmes soulevés par l’organisation actuelle de notre société. Comme pour beaucoup, mon approche a débuté par quelques lectures de livres recommandés, et le visionnage de pas mal d’heures de vidéos traitant du sujet. Au final, beaucoup de connaissance théorique a été acquise, mais que vaudrait-elle face à la réalité du terrain ? Surtout, confrontée au réel, est-ce que la vision de la nécessité d’adopter une démarche en permaculture prendrait racine ? Ou est-ce qu’une fois les mains dans la terre, le dos courbé, je m’en détournerais par dégoût ? Voici donc l’objectif de ce premier passage à l’acte, sous forme d’un “stage” découverte.

Pourquoi se mettre à la permaculture ?

Allant bien au delà d’une simple méthode d’agriculture, la permaculture permet de reconstruire ce que l’agriculture mécanisée et intensive apparue au milieu du vingtième siècle a détruit: disparition de la terre, pollution des sols, des nappes phréatiques, des cours d’eau, du vivant présent dans le sol depuis les micro-organismes, champignons en passant par les insectes et remontant toute la chaîne alimentaire jusqu’à une disparition massive de faune dont les oiseaux.

La permaculture se base sur le vivant pour produire, au lieu de l’énergie. Et le produit de la permaculture ne se retrouve pas seulement dans l’assiette, mais aussi dans l’environnement; en symbiose avec l’écosystème, une permaculture bien gérée ne le détruit pas, mais elle le régénère.

Demandant moins d’énergie et d’intrants de toute sorte, c’est une méthode qui, appliquée à la culture d’aliments, permet d’atteindre un certain niveau d’autonomie à une échelle très locale, avec peu de matériel, de ressources. En permaculture, on utilise la nature comme une ressource, et le terme de nuisible perd de son sens. Car au niveau d’un biotope, le nuisible de l’un est la nourriture de l’autre. Il faut juste avoir la capacité de faire fonctionner un puzzle. Complexe le puzzle. Mais passionnant.

Et alors, ça donne quoi cette première approche de la permaculture ?

[petite histoire ce cet article. A la base, j’ai publié un post partageant ce qui n’était qu’une simple expérience sur le groupe Facebook la collapso heureuse. Mais l’improbable succès m’a fait pensé qu’il aurait été plus opportun de le partager plus largement. Ce qui suit est donc un copié-collé de ce post]

Premier weekend permaculture !

En mode préparation youpi. Il s’en est passé des choses dans ma vie pour en être arrivé là où j’en suis…
J’ai arrêté de croire en la technologie. J’ai décidé de ne plus sur-consommer, après m’être rendu compte que mes achats avaient une influence sur le monde qui m’entoure. Ne plus acheter ce qui est emballé, ou qui vient de l’autre bout de la planète. Faire moi-même le plus de choses possibles. Aider ma femme à passer aux couches lavables pour la petite. Moi, passionné par l’aviation et ancien journaliste spécialisé dans le domaine, décidant de ne plus prendre l’avion. Pas au grand jamais, mais plus par facilité (et je ne suis jamais plus monté dedans depuis pour le moment).

Et puis, et puis… Réapprendre la vie. La vie dans toute sa complexité, dans toute sa beauté. Parce que la vie, malgré tout ce qu’on lui en fait voir, elle trouvera toujours un chemin ! (maxime provenant d’un célèbre philosophe dans Jurrassic parc).
On a appris qu’une tante éloignée de ma femme faisait de la permaculture. On la connaissait peu. On décide d’y aller, pour lui donner un coup de main, et pour mettre les mains dans la terre, juste quelques jours, pour voir !

HooooOOOoOo… Mais quelle est cette bestiole ? Certainement un Lucane femelle, gros coléoptère en voix de disparition en Europe. Sortie tout d’un coup de terre pendant qu’on plantait des poireaux. J’ai bien dû passer 10 mn avec elle, déjà à tenter de la photographier…

Moi, tout heureux de compter les vers de terre que je trouvais dans un fond de seau de compost, que je plaçais délicatement dans un nouveau bac qu’on venait d’assembler avec quelques planches, dans lequel on avait disposé des couches d’écorce d’arbre, de terre et de compost. Et moi de leur souhaiter une bonne reproduction. Oué, gaga devant des vers de terre dont je n’avais au mieux que du mépris avant. Je pense que j’ai franchi une étape…

J’ai passé de longues minutes à examiner la terre de prêt pour y découvrir une multitude de bestioles qui m’ont passionné. je me suis trouvé nu devant tant d’ignorance, comme retourné en enfance.

On peut se dire qu’on devient vivant quand le vivant nous touche à ce point qu’on redevient un gamin.

Sur ce coup là ma fille et moi étions sur le même niveau d’émerveillement et de découverte de la nature.

Je ne sais pas si j’aurai été aussi loin sans la collapso. Mais la possibilité de perdre tout ce vivant m’a fait rendre compte à quel point il était précieux. Et avec tout ça du temps passé en famille, sans technologie. A s’émerveiller de voir sa petite fille découvrir le jardin, le sable, l’eau. A aimer, aimer la vie, fragile comme jamais.

Bilan de l’expérience

Expérience très positive au final. Non seulement la mise en pratique n’a suscité aucun dégoût de l’activité (ça aurait pu !), mais en plus a soulevé des questions qui n’ont fait qu’accroître ma curiosité sur le sujet. Mais le travail de la terre pour la préparation des sols en vue de la saison prochaine m’ont fait réaliser certaines choses, en croisant avec les expériences parfois décourageantes que j’ai pu lire ici ou là.

Premièrement, je confirme qu’à moins d’y passer un temps phénoménal surtout les premières années pour la préparation du sol, je ne souhaite pas en dégager une activité commerciale. Au mieux une surproduction permettra des échanges ou une revente anecdotique histoire de ne pas gâcher et d’avoir un peu de beurre à mettre dans les épinards tout frais.

Ce travail préparatoire m’a fait aussi me rendre compte qu’à moins de prendre le risque d’être dégoûté par cette activité très prenante, il était inutile de s’investir à fond dès le début. S’il n’y a aucun caractère d’urgence, autant prendre son temps. De toute façon l’ensemble des éléments du biotope local ne va se réinstaller sur un claquement de doigt au premier coup de grelinette. C’est une histoire de moyen terme. Et comme tout profite à la productivité de l’ensemble de l’écosystème, il faudra prendre son temps aussi. Commencer humblement pour tenir dans la durée. L’autonomie alimentaire est un objectif à terme, pas une urgence… Tout du moins pas pour le moment.

Quatre planches, une palette, quelques vis et clous, du broyat, de la terre, du compost et quelques vers de terre plus tard, seulement quelques heures pour installer un bac qui va voir quelques centaines de kilogrammes de tomates et autres légumes pousser pendant très longtemps !

Au final, cette petite activité de quelques jours en Bretagne n’a fait que remonter ma motivation. Je continuerai donc à profiter de toute la littérature possible pour en apprendre plus sur les plantes, insectes et leur incroyable complexité combinatoire pour essayer de gonfler mon bagage de connaissances. Mais la nécessité ne découlant pas forcément d’une contrainte, mais plutôt d’une envie, faire de cette activité un nouveau dada n’en sera que plus bénéfique. Car si l’on aime pas ce que l’on fait… A quoi bon ? Je terminerai en disant que si, dans le contexte d’un effondrement, vous n’aimez pas “faire du jardin”, il n’y a pas péril dans la demeure non plus ! Il faut simplement trouver une activité qui soit bénéfique et utile qui puisse permettre à vous comme à votre communauté de survivre. J’ai posé la question à une amie proche dernièrement:

“-Et si la société s’effondre, tu ferais quoi toi ?
-De la poterie !!! J’ai toujours rêvé de faire ça…”

Comme quoi… Joignez le nécessaire à l’agréable 🙂

Je ne peux terminer cet article sans remercier chaleureusement en embrassant Valérie et Jean nos deux hôtes d’un instant pour leur accueil, leur sympathie et leur patience (Je leur ai quand même cassé deux manches, faut l’faire !).

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