Nucléaire VS renouvelables, les faux débats de l’énergie

Nucléaire VS renouvelables, les faux débats de l’énergie

Energie nucléaire ou énergie renouvelable ? Voiture électrique ou voiture thermique ? Pompe à chaleur ou Poêle à bois ? Ce sont des questions qui font l’objet de bien des débats, plus ou moins intéressants, sur bien des supports, y compris ceux dédiés à l’effondrement. Pourtant, plus je les écoute, et plus je me dis qu’ils sont complètement hors sujet dans le cadre de la réflexion des questions à se poser pour la fondation d’une nouvelle société post-effondrement.

Electricité d’origine carbonée, nucléaire VS renouvelable. Hors sujet vraiment ?

Quel est le point d’accroche à ce débat ? Définir le contexte dans lequel cette question se pose n’amènera ni au même développement, ni à la même conclusion. La conclusion pourra également être différente en fonction de l’importance que nous donnons aux différents curseurs qui permettrons de trancher le débat. Une conclusion ne pourra être unanimement acceptée après un débat serein, seulement si ces curseurs sont définis au préalable. C’est pourquoi nous assistons en réalité aujourd’hui à plusieurs débat dont la portée est différente. Qu’est ce qui est le plus pertinent ? La sécurité, le coût de production, la stabilité et la pilotabilité de cette production, la durabilité, ou l’aspect écologique ? Et même rien que dans l’aspect écologique, qu’est ce qui est le plus important entre le danger que représente la radioactivité en cas d’incident grave, ou la décarbonations de la production énergétique face aux dangers provoqués par le dérèglement climatique ?

On pourrait s’amuser à développer tous ces aspects, et en fonction du ou des curseurs choisis, je n’arriverais pas moi-même à trouver une conclusion identique.

Imaginez-vous maintenant dans un monde qui se reconstruit après un effondrement majeur… Pensez-vous que cette question soit encore pleinement pertinente ? Bien entendu, nous devons nous égarer un peu dans notre imaginaire pour tenter de percevoir ce à quoi ce monde pourrait bien ressembler. Dans l’idée que je m’en fait, les populations vont devoir trouver des idées pour survivre et garder un maximum le confort de vie qui leur était apporté par l’énergie bon marché. Le capitalisme et le système de création monétaire qui sont étroitement imbriqués aujourd’hui n’auront plus les ressources nécessaires pour continuer à croître, et ne pourront donc plus exister sous leur forme actuelle. Et à moins que notre société se radicalise à un point que l’esclavage fasse son retour, il deviendra compliqué de pouvoir trouver la capacité à quelques personnes d’accumuler autant de richesses au détriment des autres.

Avec la fin de l’ultra consommation de masse, seule vecteur d’une croissance exponentielle, les populations se tourneront d’elles-mêmes vers le durable, l’utile, le pratique. La valeur des choses changera, et avec elle le besoin en énergie devrait être considérablement réduit. En effet, la plupart des industries disparaîtront, et les habitant rechercherons localement des solutions qui seront forcément centralisées non plus à l’échelle de pays voir de continents, comme est actuellement organisé le réseau de production et de transport de l’électricité, mais à une échelle bien plus locale, ne dépassant pas la taille d’une communauté.

Dans ce contexte, la production d’électricité par des unités capables de dépasser le Gigawatt restera du domaine des rêves de folie de grandeur d’une vie antérieure dédiée au gaspillage. Les êtres humains consommeront donc l’énergie dont ils ont besoin, et surtout celle qu’ils auront les moyens de produire. Le retour des énergies mécaniques muent par le vent sera une réalité bien heureuse, car simple à acquérir et à maintenir. Dans un monde où la nécessité de se nourrir, sans qu’elle n’en redevienne une course à la survie mais une préoccupation prioritaire, le besoin d’utiliser la même quantité d’énergie qu’aujourd’hui s’estompera de lui-même. Il ne sera donc plus question de savoir si, du nucléaire, de l’éolien, solaire ou autre, nous devrons choisir.

Voiture électrique ou voiture thermique ?

Le même problème se pose pour ce qui concerne le problème de la mobilité personnelle. Quel est le meilleur moyen de produire l’énergie qui va nous permettre d’assurer nos déplacements quotidiens ? On sait qu’une voiture électrique n’émet quasiment pas de gaz à effet de serre en roulant, mais la prise en compte de la production de l’énergie primaire la rend tout de suite beaucoup moins propre. L’énergie grise, celle nécessaire à la production notamment de ses batteries, fait même dire à certains experts qu’à moins de faire au moins 200 000 km en moins de 10 ans (ce qui représente la durée de vie annoncée d’une batterie de voiture), le bilan carbone en rapport à un véhicule thermique est négatif comparé à une voiture électrique.

le contexte est encore ici très important. Si l’objectif prioritaire à atteindre est la diminution des gaz à effet de serre, alors une même voiture électrique ne sera pas forcément aussi pertinente en France, où notre énergie électrique est dé-carboné à 70% (merci le nucléaire), qu’aux USA. A cette fin, une Tesla traçant sa route entre deux états américains roulerait pour plus de 30% au charbon, 30% au gaz. Donc plus de 60% d’énergie primaire produite par de l’exergie produisant du CO2, à laquelle doit s’ajouter l’énergie grise nécessaire à produire la batterie. On peut donc, sans grand risque, en fonction du mix énergétique du pays, annoncer qu’une voiture électrique est bien plus polluante qu’une voiture thermique…

Une fois ce débat là pesé et sous pesé sous tous les angles et contextes possibles, se pose une autre question. Dans le cadre d’un effondrement de la société, quelle réalité pour l’utilisation d’un moyen de transport personnel ?

La voiture aujourd’hui représente énormément de choses dans notre culture. Elle est un outil qui nous permet d’atteindre de multiples objectifs. Pour l’économie, l’automobile représente un fort secteur de consommation. Le marketing s’est donc efforcé de rendre cet objet désirable, de façon à ce qu’il soit consommé. C’est pour cela que dans notre imaginaire l’automobile est bien plus qu’un moyen de transport. Ils nous donne une certaine forme de liberté (construction mentale publicitaire), et un moyen d’afficher notre statut social. C’est un moyen de consommer, d’étaler sa richesse, de se démarquer socialement, mais aussi une façon de se faire plaisir. Le côté utilitaire est d’ailleurs devenu quasiment secondaire dans la justification de l’achat d’un véhicule neuf. Et de part l’apport de nouvelles technologies toutes plus inutiles les unes que les autres, ou par la modification rapide de la mode du “design”, apparaît la notion de l’obsolescence programmée, si chère à notre croissance, et chère payée également pour notre planète. Mais… On s’éloigne.

En prenant un peu de recul, il n’est plus question d’étudier la pertinence ou non d’un véhicule de transport personnel – car on pourrait tout aussi bien l’opposer aux moyens de transport en commun, ou à d’autres formes de possession de véhicules personnel. La question serait plutôt de se questionner sur la nécessité que nous avons de devoir nous déplacer.

Le premier facteur actuel sur la nécessité de se déplacer (quel que soit le moyen de transport) est lié à l’emploi. L’arrivée massive et de plus en plus abordable d’énergie dans nos campagne a premièrement permis une baisse du nombre de travailleurs des champs. Ceux-ci ont alors massivement quittés les campagnes pour rejoindre les villes. Et dans un second temps, le niveau de vie augmentant, la démocratisation des véhicules personnels a permis à certains classes sociales de s’éloigner des agglomérations pour pouvoir poursuivre le rêve de la maison individuelle en zones périurbaines. Tout cela n’a été rendu possible que par l’apport massif en énergie.

Puisque vous êtes certainement ouvert à la question de l’effondrement, vous n’êtes pas sans savoir que l’abondance de cette énergie prendra fin à plus ou moins long terme. Ce qui induira un retour en arrière de tous les mouvements initiés jusqu’alors. Du retour dans les centres ville pour se rapprocher du travail jusqu’au retour dans les campagnes par nécessité de production de notre alimentation, les populations se rapprocherons instinctivement de leur lieux de leur bassin d’emploi. Non que l’industrie, ou l’administration disparaîtrons, ou même que le retour à la campagne se fera avec cet imaginaire de dur labeur qui lui est associé, mais la société s’adaptera de force à ce manque de ressources. A moins que, par choix politique, la société ne le souhaite.

Quel moyen de production pour quel usage ?

la question est simple: définir les usages permettra de réfléchir sur quel moyen utiliser pour répondre au besoin. Mais la réponse est complexe… Il faut premièrement s’imaginer quel sera l’ampleur de l’effondrement sur l’économie et nos modes de vie. Déjà, là… C’est pas simple. On peut imaginer, à la sauce du GIEC, plusieurs scénarios, allant d’une baisse progressive de notre production énergétique avec l’adaptation de nos usages, jusqu’à un scénario passant pas un retour violent à l’âge de fer.

Il ne faut pas également faire l’erreur de ne considérer que l’usage de nos consommations personnelles liées à notre usage quotidien à domicile, mais à ce qui qui fait tourner l’ensemble de notre économie. Et il faut également penser à prendre en compte les besoins énergétiques nécessaires pour nous fournir tout ce que nous consommons et qui provient d’au delà de nos frontières, c’est à dire à peu près tout.

Dans un monde post-effondrement qui recentrera les populations sur les préoccupations prioritaires qui sont le besoin de se nourrir, se chauffer, se vêtir et se soigner, une fois la surconsommation disparue, les besoins en énergies vont forcément décroître.

Vous n’irez plus au bureau en voiture à 20km de chez vous. Votre boulot en marketing n’aura plus de raison d’être. Internet aura peut être disparu, ou tout du moins seuls les réseau d’informations seront sauvegardés, via des réseaux bien plus locaux que globaux. Réseaux sociaux, régies publicitaires, et surtout flux vidéos en streaming, qui représentent une grosse partie de la consommation de bande passante (et donc d’énergie) disparaîtrons d’eux-même. Les annuaires referont leur retour, et les puissants algorithmes des moteurs de recherche nécessitant un quasi-doublement des puissance
de traitement pour y stocker et y traiter toutes vos informations personnelles d’Internet n’auront plus leur place.

Les puissants hauts fourneaux qui font fondre l’acier et l’aluminium nécessaire à la fabrication de nos véhicules s’arrêteront. Les enseignes publicitaires s’éteindrons. Les quantités astronomiques d’accessoires de mode et de gadgets électroniques qui sont fabriqués à l’autre bout du monde et finissent immanquablement à la poubelle dans les mois qui suivent n’auront plus de raison d’être fabriqué/transporté/vendus. On pourrait allonger la liste à l’infini… Mais notre vie sera beaucoup plus essentialisée et bien moins superficielle qu’aujourd’hui.

De l’énergie, il nous en faudra toujours. Elles seront encore massivement carbonées avec l’usage du bois comme moyen de chauffe principal. A ce titre, il faut savoir que dans l’état actuel de nos forêts en France, nous n’avons droit d’utiliser que 2 stères de bois par an et par personne, sans quoi nous allons dépasser le niveau de soutenabilité de nos forêts. Un usage de la ressource sera donc différent, et de nombreuses forêts devront être replantées.

Image provenant de la page Facebook de Bruno Chaplot, les Collapsonautes

Pour la production de notre nourriture, pesticides, engrais et tous produits de synthèses seront remplacés par une gestion plus durable et locale via des techniques agricoles qui ont déjà fait leur preuve. Les tracteurs seront remplacés par des animaux, et les machines par des bras et des outils plus low-tech. Nous verrons certainement refleurir des moulins à vent et renaître des moulins à eau.

Les échanges entre les peuples ne disparaîtrons pas non plus. Nous reverrons le retour des routes des épices, et de navires muent par la voile, comme nous le voyons déjà aujourd’hui. Café, thé, cacao et produits lointains continuerons d’égayer notre quotidien, mais d’une autre façon, et représenterons peut-être une autre valeur.

Nos vacances seront plus locales, et le voyage retrouvera son charme et son côté aventureux, même pour aller à quelques centaines de kilomètres de là. Se rendre à l’autre bout de la terre sera un projet de vie, et s’en sera fini de ses bétaillères à milliers de vieux qui brûlent du mazout à n’en plus finir pour faire fonctionner des piscines et des vagues sur des ponts de bateau pesant des centaines de milliers de tonnes, alors qu’ils voguent déjà sur l’eau…

l’énergie sera donc utilisée avec des moyens beaucoup moins techniques, nécessitant moins de ressources, et pour des usages bien plus pragmatiques qu’aujourd’hui. Les panneaux solaires à base de technologie photovoltaïque disparaîtrons certainement à moins que nous puissions les construire de façon beaucoup plus simple. La haute technologie ne disparaîtra peut être pas, mais les usages en seront redistribués dans des domaines bien plus importants comme ceux de la santé par exemple.

Des débats hors sujet dans le contexte de l’effondrement

Vous pouvez donc comprendre pourquoi, au vu du développement de cet article, je considère personnellement comme hors sujet le débat de tout ce qui tourne autour du mix énergétique. M. Jean-Marc Jancovici, ingénieur très suivi dans le milieu de la collapso, que je respecte pour ses idées, sait parfaitement où nous allons concernant la probabilité d’un effondrement. J’interprète dans ses différentes interventions qu’il pense que nous avons les solutions pour adapter notre mode de vie et l’organisation de notre société pour faire face à cet effondrement (voir cette vidéo par exemple). il est lui-même souvent confronté à ce débat qui n’en est pas réellement un. Dans son idée, l’énergie nucléaire dans le contexte français est très utile pour aider au glissement vers les énergies renouvelables dans le cas d’une gestion de l’effondrement.

Je fais partie des personnes qui croient pour leur part que l’effondrement sera subit et qu’il faut déjà penser à l’après, et qu’aucun moyen de production actuel ne sera adapté à l’usage qui sera fait des énergies. Les gros moyens de production d’énergie, cher à maintenir à opérer et à maintenir, tant en main d’oeuvre très qualifié qu’en matériel risquent de perdre leur pertinence. L’avenir tendra immanquablement vers la sobriété énergétique, la bascule vers des technologie en basse technologie facile à fabriquer et à maintenir, et la décentralisation et le rapprochement des moyens de production énergétiques avec le lieu de consommation.

Songez qu’aujourd’hui, la puissance de production de l’énergie nucléaire est telle que l’énergie primaire en France possède un ratio supérieur à 2,5 en rapport à l’énergie finale effectivement consommée. En cause, les pertes liés à la transformation de l’énergie, et au transport sur de longues distances. Il faut comprendre par là que si chaque habitant ou entreprise produisait sa propre électricité, nous n’aurions besoins de produire “seulement” 40% de l’énergie électrique créée actuellement.

le changement radical de l’organisation auquel nos société se seront adaptées (ou subiront, c’est selon) après l’effondrement verra la naissance d’un monde vraisemblablement beaucoup moins gourmand en énergie.

4 réactions au sujet de « Nucléaire VS renouvelables, les faux débats de l’énergie »

  1. “Mais notre vie sera beaucoup plus essentialisée et bien moins superficielle qu’aujourd’hui”
    Je ne suis pas d’accord avec cette affirmation, ce n’est qu’un point de vue subjectif. Comme une justification pour accepter la futur situation.
    De mon point de vue, l’effondrement est une notion pour les historiens, se sont les historiens du futur qui pourront dater le début et la fin de l’effondrement que l’on pressent.
    Nous contemporains, ne subieront que les crises qui émailleront cet effondrement.
    Pour nous et d’autant plus en France cet effondrement sera une longue agonie où différentes forces en oppositions lutteront pour affirmer la prévalence de leurs idées, il y aura des gagnants et des perdants, cette idée est bien expliqué par Laurent Mermet et les gagnants ne seront pas forcément ceux qui ont les idées les plus humanistes.

    1. Faut qu’on se mette d’accord sur ce que l’on entend par cette vie post-effondrement. Si on regarde l’ensemble des sociétés qui ne dépendent pas de l’énergie fossile pour leur économie, je pense, bien que ça peut rester dans le domaine du subjectif pour beaucoup, que leur vie est largement moins superficielle que la notre. Dans le sens où leurs préoccupations sont bien plus proches des choses importantes qui sont essentielles à leur vie ou survie que nous. Je ne me pose pas la question de savoir ce que je vais planter aujourd’hui pour manger demain. Je ne me pose pas la question de savoir Si je vais manger, mais Qu’EST CE QUE je vais manger. Et en regardant tout ce qui s’échange dans l’économie d’hyper consommation… Oui, c’est un mode de vie très superficiel.
      Le sens figuré de superficiel nous donne: Qui n’est ni profond ni essentiel. Je n’avais pas d’autre propos que celui-ci.

  2. “Il faut comprendre par là que si chaque habitant ou entreprise produisait sa propre électricité, nous n’aurions besoins de produire “seulement” 40% de l’énergie électrique créée actuellement.”
    Completement faux, le surplus de production est en partie lié a la deperdition dans le transport longue distance de cette energie mais surtout pour que les utilisateurs ne puissent pas en manquer ! Produire plus pour absorber au cas ou une demande plus importante (et accessoirement faire monter le prix du kilowatt heure)
    De plus l energie nucleaire ne peux pas (poir des raisons techniques) etre modulée a la deamande. Toute cette problematique de manque de rendement (car c est bien de cela qu’il s’agit) vient du fait qu’on arrive pas a stocker l’électricité transportable (courant alternatif). Les solutions existent (barrages hydroliques, les steps etc…) mais ne sont pas suffisement exploitées pour differentes raisons
    https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/developpement-durable-stockage-electricite-tour-monde-innovations-70689/

    1. Encore une fois, il faut le prendre en considérant le contexte dans lequel je place la réflexion. Si on parle d’un transfert d’une production complètement décentralisée dans l’organisation actuelle de notre société, vous avez entièrement raison. Ensuite, c’est juste un postulat de départ de réflexion. J’ai même pris le risque d’avancer un chiffre partiellement faux puisque le ratio de 2,54 n’est pas seulement dû à la perte lié au transport mais surtout au faible rendement d’une centrale nucléaire entre sa propre énergie primaire et ce qu’elle produit en énergie exploitable.
      L’énergie nucléaire quand à elle est bien pilotable. Pas au coup de sifflet, mais un article récent de Jancovici a montré que sur certaines périodes, lorsque le prix du KW en Europe est négatif, on peut arrêter les centrales pour stopper leur production quand les STEP sont pleins et qu’on peut anticiper sur des périodes qui durent plusieurs dizaines d’heures.
      Pour ce qui est des solutions exploitables sur les STEPs, et tous les projets qui fleurissent un peu partout, il faut y faire très attention. Et je vous redirige vers les excellentes vidéos du réveilleur qui y a consacré plusieurs vidéos, vraiment très bien faites.

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