Description générale de notre projet

Description générale de notre projet

La raison d’être de ce site est de réfléchir et de rendre possible toutes les étapes nécessaires à notre transition, depuis un mode de vie urbanisé et dépendant du fonctionnement de notre système, vers un mode de vie sobre, autonome et plus proche de nos valeurs. On ne présente pas ce projet uniquement pour le plaisir de montrer au monde ce que nous souhaitons réaliser, mais tout simplement car nous n’avons pas encore acquis les connaissances nécessaires à sa mise en route. Quels sont les choix à faire ? Comment les mettre en oeuvre ?
Ce sont là des questions que nous voulons partager dans un sens de l’entraide et de la coopération pour toutes les personnes qui voudront bien s’associer à ce projet en apportant leurs questions mais aussi leurs réponses. Une forme de brainstorming de tous ceux qui souhaiteraient également s’approprier ce projet.


Nous avons été extrêmement surpris, et même relativement perturbés, avec mon épouse, de voir affluer autant de monde aussi rapidement sur les quelques articles que j’ai publié en l’espace d’une semaine. Avec un partage sur le seul groupe Facebook de la collapso heureuse, nous avons vu affluer près de 2 000 personnes, reçu des dizaines d’encouragements que ce soit en commentaires sur le groupe, dans les articles, ou par mail. Avec les autres partages on atteint le chiffre de 5 000 visiteurs uniques… En une semaine !!! Vous êtes très nombreux à être intéressés par notre projet et nous ne pouvons que nous en réjouir. Premièrement parce que nous nous sentons accompagnés, mais aussi car cela devrait aider, par la multiplication des intervenants, à rendre ce projet encore plus viable et mature.

Image d’illustration, vu que pour le moment on a pas grand chose à montrer. Pour le moment !

Un changement radical pour cause d’effondrement ?

Oui… Et non. La prise de conscience de l’effondrement n’est qu’une forme de conclusion à une prise de conscience plus générale qui nous avait déjà fait emprunter le chemin d’une certaine forme de sobriété. Nous avons commencé par manger plus sainement, en réduisant considérablement la part des protéines carnées, en nous approvisionnant majoritairement en produits bios, et produits localement. Les effets sont multiples. Un bénéfice pour notre santé, pour l’économie locale, pour notre porte-monnaie, et aussi pour l’environnement. Puis nous nous somme essayés à un mode de vie (presque) zéro déchets, tendant également vers le minimalisme. Cette prise de conscience nous a progressivement amené à nous sentir déconnectés de notre société basée sur un modèle de surconsommation. Nous voulions sortir de ce monde qui nous apparaît comme complètement superficiel pour retourner à nos racines. De loin, mon Pays Basque natal me rappelait également à son souvenir. Nous avions envie de calme, de verdure, de montagne. Déjà dans nos esprits germait la graine de cet espoir de pouvoir aller vivre dans un cadre plus naturel.

C’est à ce moment là que la notion d’effondrement est venue bousculer nos rêves. Et pourquoi ne pas tout mettre en oeuvre pour le faire au lieu de simplement l’imaginer ? Puisque nous sommes désormais conscients que notre mode de vie actuel va changer, autant s’y adapter dès maintenant en réalisant un double objectif. Celui de réaliser nos envies, et de s’adapter à un changement inévitable.

Quel délai pour la mise en oeuvre de ce projet ?

Nous visons un objectif de cinq années pleines à partir de maintenant. Le principal frein à sa réalisation est d’ordre économique. Nous avons recommencé nos vies chacun il y a peu, et nous n’avons aucun capital accumulé. Notre mode de vie modeste, malgré l’augmentation des revenus du couple nous permettra d’économiser une bonne part de notre budget pour ce projet. Et nos meilleures prévisions nous laissent espérer une réalisation possible d’ici 5 ans.

Puisque, dans un monde qui pourrait subitement perdre pied il n’est pas bon de mettre tous ses œufs dans le même panier, nous nous donnons 3 ans pour trouver un terrain à acquérir. Nous commencerons alors le projet par différentes phases de la conception, le terrain étant un élément concret qui nous permettra de mieux concevoir la suite (orientation, climat local, matériaux locaux, étude des sols, etc.). Au terme des deux années restantes, nous revendrons notre appartement qui, avec les économies réalisées devraient nous permettre d’engager les travaux jusqu’à atteindre un premier niveau de réalisation: une maison habitable et autonome.

Ce temps sera mis à profit pour réfléchir ce projet sur tous les aspects. Choix du lieu de vie, type d’habitation, conception et mode de construction par exemple. Au delà de ce qui concerne l’habitation, se poseront également des questions sur le fonctionnement de notre nouvelle vie en prenant en compte énormément de facteurs tels que la production de nourriture, d’énergie, la gestion de l’eau potable et de l’assainissement. Nous avons d’ores et déjà repéré beaucoup de réponses potentielles dans une pratique appelée permaculture.

Avant de pouvoir commencer à mettre en pratique ces connaissances théoriques, nous allons certainement mettre à profit nos congés pour participer à des chantiers participatifs desquels nous n’entendons que des retours positifs. Ce sera également l’occasion de nous confronter à d’autres idées, à d’autres modes de vie, etc.

Et une fois sur place, tu vis d’amour et d’eau fraîche ?

Presque ! C’est la question qui revient souvent lorsque des personnes au projet similaire au nôtre envisagent un aller simple vers la campagne. De quoi allons nous vivre ?

La question des revenus n’a que peu d’intérêt en réalité. La véritable question est de savoir de quoi nous avons besoin pour vivre ? Dans un mode de vie sobre, les besoins sont peu nombreux, et les charges peu élevées. Il n’est donc pas nécessaire de rechercher un travail bien rémunéré pour vivre son rêve. Travail qui risque de n’avoir qu’une réalité toute relative lorsque notre société aura basculé dans celle d’après.

Analysons quelques chiffres, avec les dépenses moyennes d’un ménage français au revenu médian à 2 400€ mensuel. (source INSEE)

Ce ménage dépense près du tiers de ses revenus pour son logement. Crédit ou loyer, chauffage, éclairage et assurance pour 31,4% (753.60€)
Alimentation et boisson pour 13.4% (321.60€)
Transports pour 14% (336€)
Loisirs, éducation et culture pour 9.5% (228€)
Café, restaurant pour 7% (168€)
Habillement et chaussures pour 4.4% (105.60€)
Alcool et tabac pour 3.2% (76.80€)
Communications 2.8% (67.20€)
Autres dépenses pour 10.4% (249.60€)

Maintenant, projetons-nous quelques instants dans la vie que nous souhaitons mener d’ici à 5 ans.

Nous souhaiterions habiter dans une maison que nous possédons, sans aucun crédit (cette possibilité ne s’offre pas à tous, j’en suis conscient, mais il faut adapter la réalité de son projet à ses besoins. beaucoup de solutions sont possibles). Etant passive, et déconnectée du réseau, possédant son propre réseau de récupération d’eau et d’assainissement, on peut réduire ce budget à peau de chagrin. En réalité il restera le coût de l’assurance, ainsi qu’une taxe si nous voulons utiliser l’eau d’un puit par exemple.

En ce qui concerne l’alimentation, elle sera majoritairement produite sur notre terrain. Comme la plupart des français, je suis bon vivant, et tout ne pourra être produit localement. Sel, huiles, vin, épices, produits laitiers par exemple demanderaient trop de travail voire seraient impossible à produire sur place. La diversification alimentaire est un confort qu’il est illusoire de vouloir reproduire seul. Mais le surplus de notre production vivrière pourrait tout à fait servir de monnaie d’échange pour obtenir ce qu’il nous manque. Mais cela reste un confort. Nos aïeuls vivaient très simplement et savaient parfaitement se passer de cela. C’est cela aussi la sobriété. Reconnaître le plaisir que peut nous procurer des choses qui aujourd’hui nous paraissent simples et anodines (je ferme la parenthèse).

Pour ce qui est des transports, nous les oublierons. Nous aurons certes un véhicule que nous garderons, mais d’une part nous ne sommes pas obligés de le posséder en propre (ce mode de possession individuel va cesser de fait), d’autre part nous n’aurons plus la nécessité de nous rendre sur notre lieu de travail. Lorsque la réalité de la fin des énergies fossiles abordables prendra fin, le grand déménagement du monde aussi. La plupart des activités de production manufacturières se relocaliseront de fait. Du travail sera accessible à proximité. Oubliez la Mercedes, allez-y en Béhème-double-pieds. Ou à vélo. Ou à dos d’âne. Peu importe. On vient encore de gratter plus de 300€.

Pour les loisirs, et sans concéder qu’ils sont utiles pour notre bien être, il y en a beaucoup qui ne coûtent rien. Sans avoir à nous en passer, il ne s’agit pas ici d’un budget nécessaire.

Habillement et chaussures sont un budget important, mais là aussi, les modes de vie sans déchets et sobres limitent ces achats au stricte nécessaire, et souvent en favorisant des modes d’achat alternatif, comme l’occasion par exemple.

La santé est une dépense assez difficilement évitable. Encore faudrait-il il savoir ce qu’elle comporte. Pour les boissons alcoolisées et la cigarette, dans note cas c’est réglé, nous sommes sains de corps et d’esprit 😉

La démonstration peut se terminer ici pour vous faire comprendre que nous venons de retirer près de 80% des “charges” du budget. La plupart des témoignages que j’ai pu recueillir s’accorde avec cet objectif. Inutile d’avoir de bons salaire pour vivre. Beaucoup de couple, par CHOIX, arrivent à se limiter à un temps partiel pour une des deux personnes. C’est possible, mais ça reste un choix.
Il est cependant très facile de trouver des sources de revenu via l’artisanat, la vente directe de produits agricoles, les services, ou même proposer le gîte à des voyageurs intéressés par votre mode de vie. C’est ce dernier que nous envisageons pour notre part.

Et ton Eden, il va ressembler à quoi alors ?

Ce n’est pas encore définitivement fixé. Mais il devra répondre à plusieurs objectifs, et se conformer aux moyens qui sont les nôtres, et donc forcément limités. Ha…Si nous avions budget illimité, je vous répondrais dans la journée en trouvant la maison de mes rêves sur le terrain idéal ! Mais la réalité nous rattrape vite.

Notre lieu d’habitation principal devra accueillir notre famille avec nos enfants. Nous désirons également accueillir notre famille proche aussi régulièrement que possible, et… Nous ne savons pas de quoi demain sera fait, mais peut-être que notre Eden pourrait également se transformer en refuge pour certains d’entre eux. L’accueil fait intégralement parti de nos personnalités avec mon épouse. Nous aimons aider, et le moyen de rendre cette hospitalité possible doit également être mis en oeuvre. C’est pourquoi les premiers plans auxquels nous réfléchissons comportent à minima 5 chambres et une pièce à vivre suffisamment grande. Le nombre de pièces supplémentaires nous permettant également de proposer des chambres d’hôtes pour un revenu complémentaire.

ça vous fait rêver ou pas ? Oui ? restez avec nous alors 😉

Pour répondre aux besoins des performances d’isolation, la maison se devra d’être compacte, et la moins étalée possible. C’est pourquoi il est plus avantageux au niveau du coût de la construction et des performances énergétiques de construire la maison sur deux niveaux. Ensuite, les classiques de la conception d’un éco-habitat concerne l’orientation vers le sud, avec de larges ouvertures, et un minimum vers le nord. Une serre accolée à une grande partie de la surface sud et ouest aidera à la captation d’un maximum d’énergie solaire en hiver, à la prolongation de la récolte de certaines plantes vivrières, la préparation des semis, et à créer un espace agréable. Elle sera complétée par une marre qui aidera à la réfraction des rayons solaires pour compléter l’apport en énergie.

Pour que la maison ne se transforme pas en convecteur géant l’été, la marre précédemment citée permettra de rafraîchir également la face sud de la maison. Le soleil étant plus haut l’été que l’hiver, plusieurs protections sont envisageables comme des avancées de toit ou la présence d’arbres à feuilles caduc.

Bien que le choix ne soit pas encore entièrement arrêté, la maison sera certainement en ossature bois avec une isolation en paille compressée pour les murs, et en chanvre ou laine de bois pour le toit.

Au niveau du terrain, nous recherchons une surface au moins équivalente à un hectare pour créer une ferme auto-suffisante avec le recourt des techniques d’agro-agriculture et agro-foresterie. Une surface d’environ 1 000 à 2 000m² pour le maraîchage, la plantation de plusieurs arbres fruitiers côtoieront une prairie dans laquelle nous prévoyons l’acquisition d’au moins deux équidés. Ceux-ci seront utiles pour quelques travaux, mais surtout leur crottin est une ressource utile pour la productivité des sols, et est immédiatement utilisable contrairement aux déjections d’autres animaux comme les vaches par exemple.

La taille du terrain nous permettra également, et toujours en fonction de nos moyens, de bâtir une nouvelle structure et/ou de réhabiliter une structure déjà existante pour accroître notre capacité d’accueil au travers d’un gîte. Cela pourrait se faire avec l’aménagement d’une grange, l’installation d’une Tiny-House, d’une roulotte, d’une yourte ou tout autre structure d’habitation à vocation de loisir.

Enfin, un des objectifs de notre rêve d’Eden est de garder une place disponible pour l’accueil de personnes en difficulté. Nous n’en connaissons que trop qui, broyés par le système, en dépression suite à un burn-out, une séparation ou autre, auraient bien besoin d’un endroit calme pour se ressourcer, et y puiser la force pour rebondir.

Conclusion

Comme vous pouvez le constater ce projet est loin d’être uniquement lié à une recherche de transition vers un vie plus résiliente. Il ne pourra se faire qu’en agrégeant des connaissances et des techniques déjà existantes, via la coopération qui se mettra en place via le forum, et qui pourraient être utiles à plusieurs. Surtout, nous aimerions nous implanter dans un lieu où plusieurs personnes seraient capables de se lier à ce projet. Car vivre seul dans un désert humain n’est pas l’objectif. La coopération s’étendra forcément à nos voisins, et à la commune à laquelle nous serons rattachés.

Nous espérons qu’au travers de cette présentation vous avez pu vous faire une représentation un peu plus précise de ce que nous cherchons à accomplir, afin que vous sachiez, à partir de maintenant, si vous avez un intérêt, ou non, à vous unir à notre démarche. Dans tous les cas je vous souhaite du succès dans vos projets et du bonheur dans leur réalisation.

3 réactions au sujet de « Description générale de notre projet »

  1. Bonjour,
    Si vous habitez en France, Vous oubliez de très gros point.
    1 – l’autorisation d’urbanisme : si vous construisez il vous faut une autorisation et en zone agricole : bon courage (mieux vaut chercher un corps de ferme à restaurer en creuse en s’installant maraicher)
    2- les taxes (foncières, aménagement ect) Il est obligatoire d’être relié au raison (sauf dans de rares exceptions) et de payer les taxes qui y sont liés.
    3. l’eau : le plus important : il faut une source ou un puit. (autorisation touça touça)
    4. 2000 m² sont totalement insuffisant surtout s’il faut en plus produire de la nourriture pour les animaux.
    5. les animaux coutent très cher en frais vétérinaire.

    Pour qu’un tel projet soit possible, il faut qu’il soit légal tant que l’Etat existe.

    2 conseils : pensez a l’apiculture et rapprochez vous de vrais maraicher pour avoir une estimation des surfaces, types de production en fonction des saisons ect.

    Beau projet en tout cas ! Bon courage

    1. Merci pour votre commentaire. Effectivement il y a beaucoup d’éléments qui ne sont pas pris en comptes, mais c’est une description assez générale, qui balance entre le réalisable et le rêve…
      Pour la remarque 1: J’ai commencé à chercher des terrains, juste pour voir ce qu’il était possible d’avoir. Et… j’en ai déjà trouvé. Plus loin dans l’article je parle d’un corps de ferme à rénover. C’est bien parce qu’il y a des terrains assez grand dispo avec des ruines dessus. Mais ça pose plein d’autres questions comme le PLU ou le POS. Faut chercher et négocier, mais rien d’impossible.

      Remarque 2: Il y a tant de personnes qui sont déconnectées du réseau qu’il doit bien y avoir une faille. ça fait parti des choses dont il faut que je me renseigne plus en profondeurs.

      Remarque 3: Et idéalement un ruisseau avec un dénivelé pour une pico centrale hydroélectrique (on peut rêver non ?)

      Remarque 4: je parle uniquement de la zone de maraichage, pour viser une autosuffisance. Le jardin potager quoi. Les animaux, il leur faudra une prairie, et faire pousser par ailleurs d’autres plantes pour les animaux et idéalement le paillage. Mais ça peut se faire dans un second temps. C’est pour ça qu’au final il faut pas mal de surface.

      Remarque 5: J’ai pas encore une idée suffisamment précise, mais ça doit coûter bien moins cher qu’un tracteur, de l’essence, des réparations… Etc.

      Vous avez l’air d’avoir pas mal de connaissances à partager, aussi je vous inviterai à participer au forum, quand il sera ouvert…C ‘est à dire demain normalement. 🙂

  2. Magnifique projet. Nous avions le même à peu de chose près qu’il se situait au Québec. Cependant, nous sommes plus pessimistes que vous et nous nous donnions 2 ans pour mettre un maximum de choses en place. En novembre, nous avons commencé à regarder des maisons répondant à plusieurs de nos critères. J’ai postulé pour un nouvel emploi dans une région ciblée, mon mari étant retraité. Nous voici dans les cartons de déménagement en cette fin de janvier. Les choses ont déboulées très vite à partir de cette décision de postuler ailleurs que j’ai prise sur un coup de tête. Appartement vendu, emploi obtenu et belle maison achetée sur 6 hectares avec 45 pommiers matures pour une somme raisonnable. Déménagement 15 mars. Ma conclusion: nous être mis en action à fait grandement avancer le processus alors que nous pensions la chose impossible il y a quelques mois lorsque nous avons vraiment pris conscience de l’effondrement à venir. Continuez, foncez et croyez-y. Bon succès et merci pour ce blog

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